
Le Premier Mai –
Le 1er mai, l’anniversaire de la Journée internationale des travailleurs, est un jour férié où l’on commémore la lutte historique des travailleurs du monde entier. Cette fête est reconnue dans presque tous les pays, sauf aux États-Unis au Canada ; et cela en dépit du fait que les événements qui sont à l’origine de cette fête se sont produits dans les années 1880 aux États-Unis lorsque les travailleurs américains ont lutté pour obtenir une journée de travail de huit heures. Le coeur du mouvement, organisé à l'origine par l'Association internationale anarchiste des travailleurs, était à Chicago. Les entreprises et l'État étaient terrifiés par le caractère de plus en plus révolutionnaire du mouvement et se préparaient en conséquence. Les rangs de la police et de la milice furent renforcés et grâce aux financements reçus par les chefs des entreprises locales l'on fit l'acquisition de nouvelles et plus puissantes armes. Le Club des entrepreneurs de Chicago acheta une mitrailleuse de 2000 $ pour la Garde Nationale de l'État de l'Illinois afin qu'elle puisse l'utiliser contre les grévistes. Néanmoins, vers le 1er mai, le mouvement avait déjà gagné l'appui de nombreux coupeurs, cordonniers et travailleurs des conserveries de Chicago. Il n'y a donc pas à s'étonner du fait que l'État, les chefs d'entreprise, les chefs syndicalistes qui suivaient le courant dominant et les médias auraient voulu cacher la vraie histoire du Premier Mai en le représentant comme une fête célébrée seulement dans la Place Rouge de Moscou. Dans sa tentative d'effacer l'histoire et la signification du Premier Mai, le gouvernement des États-Unis déclara que le 1er mai l'on aurait célébré la “Journée de la loi” et donna au États-Unis une fête du Travail dépourvue de toute signification historique et ne servant qu'à ingurgiter de la bière et à se laisser prendre au piège dans les embouteillages ; la fête du Travail aux États-Unis constitue le dernier jour férié de l'été. En dissimulant l'histoire du Premier Mai, l'État, les entreprises, les chefs syndicalistes du courant dominant et les médias ont dissimulé tout un patrimoine de dissidence existant aux États-Unis. Ils sont terrifiés à l'idée de ce qu'un tel mouvement militant et organisé pourrait accomplir aujourd'hui. Ainsi, toutes les fois qu'ils le peuvent, ils suppriment les graines de ce genre d'organisation. En tant que travailleurs, nous devons reconnaître et commémorer le Premier Mai non seulement pour sa signification historique, mais aussi parce qu'il s'agit d'une période importante pour s'organiser pour faire avancer des questions cruciales pour les travailleurs. Les événements mettant en relief le Premier Mai, Journée internationale des travailleurs, se sont multiplié en 2006. De toute évidence, il y a eu des événements importants dans chaque continent, des événements impliquant la mobilisation de millions de travailleurs. Les travailleurs et leurs représentants ont choisi ce jour pour défendre leurs droits et leurs intérêts, pour commémorer leurs réalisations et pour entreprendre de nouveaux combats. Les événements reliés au Premier Mai ont fait les manchettes des journaux du monde entier, en particulier en Amérique du Sud et, étonnamment, aux États-Unis où le Premier Mai est né, mais où il avait été en grande partie oublié. Aujourd'hui, les jours de la guerre froide sont finis depuis longtemps. À cette époque-là, l'on remarquait le Premier Mai surtout pour les parades militaires de l'Union Soviétique et de la Chine, et les régimes et les mouvements communistes avaient selon toute vraisemblance l'apanage du Premier Mai. Les événements contemporains du Premier Mai sont reliés aux mobilisations des travailleurs pour des revendications décisives pour la classe ouvrière ; des revendications particulières à chaque pays, bien qu’un fort sentiment de solidarité internationale envahisse ces événements. La plupart de ces événements sont organisés par les syndicats, les mouvements de masse et les différents partis politiques de gauche. Les communistes continuent à y être engagés, mais leur rôle n’est plus déterminant dans la plupart des pays. Seulement l’État de Cuba, grâce au prestige acquis en résistant aux États-Unis, continue à jouir d'une grande considération dans beaucoup d'événements reliés au Premier Mai.
Le 1er mai 2007 – Journée internationale des travailleurs, – selon le calendrier liturgique catholique, nous célébrons la fête de saint Joseph, le Travailleur. En effet, nous faisons appel à Joseph, le travailleur modèle, afin qu’il puisse intercéder pour tous ceux qui luttent pour les droits des travailleurs, pour un environnement de travail sécuritaire et pour des salaires et des avantages sociaux justes. Honorons l'histoire du Premier Mai et déplorerons la perte d’importance de cette fête. Soeur Karen J. Hartman, SFP © Soeurs Franciscaines des Pauvres |