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VOIX SFP

juillet/août 2010
Vol. VI, No.6 ©

 

CLAIRE : SOEUR ET PROPHÉTESSE

Claire vivait cachée, mais sa vie était bien manifeste.

Claire était silencieuse, mais elle jouissait d’une réputation générale de sainteté.

Claire a été gardée cachée, mais elle était connue mondialement…


                                           
-Extrait de la bulle de canonisation de Claire d'Assise du Pape Alexandre IV

Cette édition d'été de Voix SFP nous rappelle deux traits importants de sainte Claire d'Assise : la Soeur et la prophétesse. Nous sommes très probablement à l’aise lorsque nous répétons que selon notre expérience Claire est non seulement notre soeur, mais aussi la soeur du monde. Cependant, quel rôle joue Claire comme prophétesse ? Le rôle d’une prophétesse est celui de “révéler” le futur divin.

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Illustration de couverture : Clarisses de Floride

La vie de Claire, bien que cachée des yeux du monde, a transformé le monde.
Claire était la lumière vivante de Dieu, la première femme à écrire une Règle pour des femmes.
Claire a poussé l'Église à approuver une Règle qui aspirait à une forme radicale de pauvreté dépendant de Dieu et de la bonté de gens.
Claire a choisi une approche féminine pour exprimer la norme de vie des Soeurs dans la communauté religieuse. Tous ces mouvements inspirés du milieu du 13e siècle étaient des lumières de Divin.

Dans cette édition, on parlera de l'influence remplie de lumière que Claire a exercée sur les vies de nos Soeurs. Pendant que vous lisez et réfléchissez sur ces réflexions, vous verrez que Claire d'Assise continue à briller avec éclat !

Votre Soeur,

Marilyn Trowbridge, SFP
Liaison pour les Communications

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CLAIRE, LA PLUS CLAIRE DES LUMIÈRES

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“Le style de vie de Claire continue à nous inciter à vivre et à pratiquer
notre charisme franciscain de guérison et de réconciliation. ”

Soeur Marta Gomes Pedrosa, SFP

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L'histoire de Claire
Claire est née à Assise en 1193. Elle descendait d'une noble famille.  À cette époque, appartenir à une famille noble signifiait avoir du pouvoir. Après avoir connu la conversion de François, elle souhaita vivre comme lui et elle fut acceptée dans l'Ordre de Pénitentes après avoir quitté sa maison par la porte la moins utilisée. François l'envoya à la chapelle de Saint-Damien, où ils ont fondé le Deuxième Ordre Franciscain. Elle conduisit une vie de pauvreté et de prière et décéda le 11 août 1253. Son corps reste incorruptible et il est exposé dans une urne de verre dans sa basilique à Assise.

Claire passa sa jeunesse dans un monde violent. De hautes fenêtres de son château elle a probablement vu les horreurs des guerres saintes en rêvant de la paix. Le monde et ses liens étaient incapables d’atténuer la plus claire des lumières, et Claire a brillé dans la fraternité avec François d'Assise en se transformant en lumière du monde.

Être une soeur et un frère pour tous est l'axe central de la vie évangélique proposée par François et Claire. L'expérience concrète de leur fraternité était aussi révolutionnaire que leur pauvreté radicale pour la société féodale dans laquelle ils vivaient, une société marquée par une Église fortement hiérarchique et très engagée dans les cercles du pouvoir. Claire ne pouvait pas sortir pour prêcher comme faisait François, mais sa façon de vivre avec ses soeurs était connue au-delà des murs de son monastère, car elle était devenue un témoin de la foi et une prophétesse pour l'Église et le monde.

La communauté des Clarisses est structurée sur les principes du service et de la participation. L'Abbesse “est au service des Soeurs”. Et l’on peut dire la même chose pour chaque membre de la communauté. En ce qui concerne le style de vie, il y a des directions pour le service mutuel, et l’on met l’accent sur les soins aux malades. Il y a aussi une structure et des canaux qui permettent la coresponsabilité et le partage dans la vie du monastère (Regel CI. IV).

Sainte pauvreté
La première grande lutte de Claire concernait le maintien de sa fidélité à la pauvreté. La vie de pauvreté, cependant, était une partie d’un projet plus vaste. Avec une grande ténacité, Claire a insisté jusqu'à ce qu'elle n’ait obtenu l'approbation papale de sa forme de vie. Claire écrit sa dernière lettre à sa Soeur Agnès, qui s’était aussi unie aux Clarisses, une lettre où l’on respire toute sa tendresse quant à ses Soeurs (4LAg 34-38). Claire, conformément à son style de vie, écrit : “Qu'en toute sécurité elles s'ouvrent l'une à l'autre de leurs besoins. Et si une mère chérit et nourrit sa fille selon la chair, combien plus chacune ne doit-elle pas chérir et nourrir sa soeur selon l'esprit !” (RegCl BI VIII, 15 et suiv.)

photoClaire illumine notre charisme
Le style de vie de Claire continue à nous inciter à vivre et à pratiquer notre charisme franciscain de guérison et de réconciliation. J’aime beaucoup cette citation du testament de Claire : ... sans qu'il y ait mérite de notre part, mais par la seule miséricorde et la grâce de Celui qui en est l'auteur, le Père des Miséricordes, doivent répandre partout le parfum de notre bonne réputation, aussi bien pour ceux qui sont au loin que pour ceux qui nous entourent. Aimez-vous les unes les autres de l'amour dont le Christ vous a aimées ; cet amour que vous possédez à l'intérieur de vos âmes, manifestez-le au dehors par des actes... (TestCl, 58 et suiv.)

Mère Françoise Schervier vivait cet amour hérité de Claire, et nous en tant que Soeurs Franciscaines des Pauvres, nous ne pouvons pas permettre que la flamme de cet amour s’éteigne. Et en réalisant cette guérison et cette réconciliation dans nos communautés, nous acquerrons certainement plus de force et d’éclat pour aider nos frères et nos soeurs qui souffrent.

Le Pape Alexandre IV, qui a canonisé Claire, met l’accent sur sa participation au corps de l’Église. Elle est comparée à une nouvelle source de vie qui coule en ruisseaux en irriguant toute l'Église. Il l’a aussi compare à “un vaisseau plein d'arômes qui parfume le château du Seigneur avec une fragrance suave...” (Pr. CI.  4.9)

L'aspect de sa vie que j’aime davantage est sa confiance dans le Seigneur, une confiance illustrée dans le Sacrarium et l’ostensoir avec qui la Claire fut capable expulser les Sarrasins qui envahissaient son convent. Elle a passé des heures devant le Saint-Sacrément. Cela nous apprend que quand nous cherchons Dieu, Il nous protège et il nous donne le courage de faire avancer notre mission.

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SAINTE CLAIRE : SOEUR ET PROPHETESSE DU MONDE

sr. Anne Claire Kabore, sfp

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Église de San Rufino (Assise) : Fonts où saint François et sainte Claire ont été baptisés
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San Damiano, Choeur des Clarisses. Les stalles de bois datent des temps de sainte Claire
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Pièce simple qui donne sur les cloîtres où sainte Claire est décédée le 11 août 1253

Tel est le parcours de Claire d’Assise dans la vérité et la lumière. Depuis son enfance et sa jeunesse, cette fille s’est toujours située dans la vérité de sa relation avec le monde. Puisque son coeur se laisse de plus en plus attirer et habiter exclusivement  par les mystères de Dieu, elle trouve aisément la juste  compassion du coeur, qui est celle que Dieu lui-même a pour le monde. Son oreille est ouverte au vrai cri de ce monde qui cherche, sans le voir, Celui qui l’a créé.

Merci  à Voix SFP de me donner l’occasion de parler de mon expérience avec Sainte Claire. Ayant vécu pendant  des années une très grande proximité avec sainte Claire, toute sa vie est  pour moi un appel, une école dans laquelle j’apprends chaque jour à grandir et à me redire ma vocation. En effet, n'a-t-elle pas dit que la plus grande des grâces que nous avons reçu et que nous continuons à recevoir chaque jour de Dieu est notre vocation !

En Claire je retrouve deux grands traits, celui de soeur et  celui de prophétesse, qui s’insèrent dans ce que j’aime appeler “un modèle de vie épanouie ” à travers trois définitions : 1) Femme d’intériorité,  2) Femme de relation et 3) Femme de compassion. De ce fait elle reflète parfaitement notre charisme de guérison. Découvrons cela à travers ces quelques lignes.  

Ces trois aspects, chez Claire, se compénètrent et se fécondent mutuellement.

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Stephen Whatley, 2008
Femme d’intériorité
Le dernier cri d’amour et de louange de notre Mère sainte Claire d’Assise nous révèle la vie humaine et féminine dans sa pure beauté : “béni sois-tu, Seigneur de m’avoir créée !” (PrIII, 20). Oui, parce qu’elle est celle qui a été refaite sans cesse par la contemplation du Miroir sans tâche (4L, 14), le Christ pauvre et humble. Oui, parce qu’elle a reconnu en elle, dans ses soeurs et dans toute créature humaine qui aime l’intériorité de Dieu, le siège du Créateur Lui-même qui partage notre humanité (3L 21-23).

De ce qu’elle nous dit d’elle même, son point d’appui intérieur c’est son Dieu, c’est l’Amour Divin qui l’établit dans une humanité réaliste et actuelle, entre le souci-sollicitude d’une charité brûlante pour le prochain (4L 5) et la confiance totale en Celui qui peut tout et qui l’habite : “Celui qui t’a créée t’a aussi sanctifié ; Il a mis en toi son Esprit Saint et t’a toujours regardé comme une mère regarde son enfant qu’elle aime” ( PrIII,20 ). Claire est pleinement humaine et femme et elle sait le communiquer à ses soeurs dans la réalité de leur quotidien grâce à cette présence en elle du “DIEU MÈRE” qui le lui a appris. Chef d’oeuvre de grâce que toute femme est appelée secrètement, mais profondément, à vivre en son corps, en son coeur et en son esprit ; cette maternité spirituelle est pour Claire la grande mission féminine de l’amour intérieur, celle qui éveille et favorise chez tout prochain la “vocation divine”; vous aimant les unes les autres de la charité du Christ, l’amour que vous avez au-dedans, montrez-le au dehors  par des actes afin que, provoquées par cet exemple, les soeurs progressent toujours dans l’amour de Dieu et la charité mutuelle (Test 59-60).

photoFemme  de relation 
Nous savons que ce qui fonde la personne humaine et lui donne l’élan pour progresser vers sa maturité est sa capacité de relation. La communion intra-Trinitaire est elle-même une relation mutuelle éternelle : lieu parfait où s’épanouira notre “vocation divine”. La vie chrétienne conduit cette “relation” à sa maturité par le soutien spécifique de l’amour et du pardon mutuel. C’est dans cette dynamique que nous apparaît Claire dans ses lettres et son vécu. Claire se révèle comme un être profondément relationnel et elle nous oriente sans cesse vers l’accomplissement de cette vocation relationnelle en ce Dieu pauvre qui le lui a apprise.

Ses lettres décrivent et transmettent l'état d'une soeur chrétienne pauvre, ontologiquement appelée dans son être de femme à favoriser la Vie, celle de Dieu, à partir de ce monde-ci. Sa disciple elle le reconnaît comme “dame extrêmement vénérable, parce que tu es épouse et mère, et soeur de mon Seigneur Jésus Christ” ; et encore : “O mère et fille, épouse du Roi des siècles ! ” (4L 4).

Comme nous l’avons déjà évoqué, dans le premier aspect, l’accent des écrits de sainte Claire montre avec délicatesse le lieu de cette relation : l’intériorité du coeur. C’est là que naît la “femme nouvelle”, soeur, mère, épouse, fille, aide de Dieu même, amie, servante pour une mission, et reine avec le Roi. Tous les écrits illustrent les nombreux aspects d’une relation très riche, mais  spécialement la quatrième lettre et la bénédiction, sur lesquelles je m’arrête.

  • La 4è Lettre laisse résonner un chant très pur d’amitié spirituelle que Claire communique à son amie lointaine, mais si proche de son coeur, avec qui elle aime tout partager. Claire, comme j’aime dire, nous dévoile la source du “coeur” transformé par l’ineffable charité du Christ, d’où jaillit toute relation véritable.
  •  La bénédiction manifeste un tel  réseau de relations que l’on perçoit déjà, dans le texte même, le mystère de la communion qu’est la vie divine : transparence, don, amour, partage, dans la pauvreté et l’humilité bienheureuse de Dieu avec tous les saints, l’Humanité nouvelle !

photoFemme de compassion 
La compassion est un mystère de bonté. Et comme le Christ Lui-même nous averti : “Dieu seul est bon” (Mc 10,18). Com-passion : ce terme nous oriente vers le vécu d’une “passion avec”. Dieu le premier compatit à la misère de l’humanité, en son Fils venu vivre cette passion devant nos yeux humains. Jésus, par le don de sa vie humaine, nous communique la compassion de Dieu. Marie est aussi le miroir parfait de la compassion présente de Dieu pour son Fils et, en Lui, de l’humanité.

Ce qui ressort des écrits de sainte Claire, c’est cette même réalité mariale intensément présente dans sa vision intérieure, avec de nombreuses conséquences extérieures. Claire invite à mener chaque pas du quotidien dans le mystère de “labeurs sans nombre et peines” où le Fils de Dieu revit en nous et au tour de nous sa passion (4L 15-23). En méditant les  “les tourments de sa Mère se tenant sous la croix”,  elle exhorte à poursuivre en soi la sainte compassion de la Mère de Dieu, ici et maintenant (L Erm 12). Comme l’écrivait si bien le Frère Brian  Purfield, ofm, dans son livre Reflet dans le miroir : “ L’attention profonde portée par Claire à la Passion du Christ a des traits typiquement féminins.”

De tout ceci je reçois de sainte Claire  la même invitation comme Franciscaine des Pauvres.                   

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Claire prophétesse et témoin de l'espoir par des gestes de soin
"Claire est une femme riche en humanité, et grâce à cela elle peut établir des relations fortes et intenses en atteignant une communion pleine avec la communauté de vie."

Soeur Vincenzina Raimondo, sfp

 

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Soeur Vincenzina Raimondo avec quelques membres du groupe des fiancés de la zone de Pistoia

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Soeur Vincenzina Raimondo avec Soeur Paola Zaccaria

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Table de débat


En tant que Franciscaine des Pauvres, la figure de sainte Claire est pour moi un point de référence important depuis toujours. En réfléchissant sur sa vie, j’ai été frappée par son être Soeur parmi les Soeurs. En étant convaincue de ne pas pouvoir rejoindre Dieu toute seule, elle cherche infatigablement à faire en sorte que ses journées soient imprégnées de la primauté de l'amour, un amour concret, gratuit et libre de tout compromis, un amour qui se manifeste dans vie fraternelle et qui atteint l'union avec l'Époux en unité avec les Soeurs qui lui ont été confiées. Généreuse dans le pardon et dans l'accueil bienveillant des plus fragiles, elle reçoit leurs faiblesses avec une attention maternelle, elle les forme à l'amour avec mille gestes de soin, elle devient une place accueillante pour toutes. Sans rien exiger pour soi-même, elle est prête à en soulager parfois les larmes, parfois la fatigue. Quand elle lave et embrasse les pieds pleins de poussière de celles qui reviennent épuisées de la quête, elle annonce l'Évangile de l'amour qui devient service dans un don sans mesure.

Le langage de l'amour
Les Soeurs témoignent ensuite d'un amour vu et reçu ; même leurs maladies sont portées chez la Soeur Claire, et souvent elles sont guéries avec le geste typique de la croix sur le front. C'est surtout le langage de l'amour dans son caractère concret qui les engage ; l'affection profonde qui nourrit pour chacune d'elles devient une force irrésistible et un catalyseur non seulement à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur du monastère.

Comme ne pas penser à notre Charisme de guérison SFP, qui prend soin de tant de coeurs blessés par la vie !
Claire est en harmonie avec tout ce qui l’entoure : une femme réconciliée avec soi-même qui fait don de sa féminité jusqu'à pouvoir dire avant de mourir : “Béni sois-tu Seigneur de m'avoir créée”... Elle loue, remercie et prie pour la paix et elle obtient la libération d'Assise de l'étau des Sarrasins. Elle intercède et guérit non seulement ses Soeurs, mais aussi toutes les personnes qui s'adressent à elle avec confiance. Elle rend la sérénité intérieure aux frères touchés par la tentation que François lui envoyait afin qu'elle les libère de “l’ennemi”. Au contact avec la tendresse, les soins maternels et l'humilité de Soeur Claire toutes les réalités du mal se soumettent et se transforment docilement de ténèbres en lumière.


photoClaire est une femme riche en humanité, et grâce à cela elle peut établir des relations fortes et intenses en atteignant une communion pleine avec la communauté de vie. On en trouve une manifestation dans la 4e lettre à Agnès de Prague, où l’on peut cueillir les accents de la tendresse et de la sensibilité humaine et spirituelle ainsi que la profondeur du rapport avec l'Époux pauvre et crucifix. Cette humanité est une source de force, de tendresse, de ténacité, de docilité, d’abandon et de confiance, elle est la source d’un amour capable de guérir et de rendre une personne à soi-même.

La prophétie de l'espoir
Voilà la prophétie de l'espoir qui se dégage du coeur de Claire depuis son commencement et qui continue à se développer dans l'humanité pauvre et souffrante encore aujourd'hui à travers les nombreux gestes de soin de ceux qui se lassent fasciner par son message. Une prophétie qui parle de la construction d'une nouvelle humanité.

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Claire Di Favarone
Une Soeur, une Franciscaine, une Fondatrice et une Contemplative

“Ce que tu as acquis, conserve-le soigneusement ; ce que tu fais, fais-le bien ; ne recule jamais ; hâte-toi au contraire et cours d'un pas léger, sans achopper aux pierres du chemin, sans même soulever la poussière qui souillerait tes pieds, va confiante, allègre et joyeuse." (Paroles de notre Soeur Claire)

photo collage
Images du retable de Sainte-Claire (maître inconnu des années 1280).

Soeur Mary Maloney, SFP

À l’âge de 18 ans, le dimanche des Rameaux de 1212, Claire s'est consacrée à Dieu devant François. Elle avait été ‘formée’ par sa mère dans une maison de femmes qui priaient ensemble et donnaient des aumônes et de la nourriture aux pauvres d'Assise. Depuis sa jeunesse, Claire avait ardemment désiré d’être pauvre comme Jésus. Dès que son désir s’accrut, elle se senti poussée à demander à François son avis sur cet appel. Avec les femmes de sa maison Claire partageait tout cela, c’est-à-dire sa vision, sa vérité et son appel !

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Sant’Angelo in Panza

Claire et François
Les fruits de la prière de Claire se répandirent sur François d'Assise.
Avant ce jour prophétique de 1212, François cherchait Claire parce qu’elle avait une réputation de sainteté. Il visita la maison de Claire où il rencontra la sainte et ses autres pieux membres : Pacifica, Cristina et Filippa. Claire était allée de nombreuses fois entendre François prier. Elle refusa de vivre selon les conventions d'une femme de son statut social. Elle rejeta un mariage arrangé – et n’accepta pas les terres qui lui revenaient par héritage. Au contraire, elle donnait tout ce que sa famille lui fournissait aux pauvres d’Assise.

Les parents de Claire étaient déterminés à lui faire marier le jeune homme à qui ils l’avaient promise. Donc, elle quitta la maison de ses parents par désespoir (en forçant la serrure de la porte de derrière), traversa les portes de ville et prit la route des champs jusqu’à la petite église de Sainte-Marie de la Portiuncula. Elle s'est présentée à François et à ses disciples qui ont reçu son engagement à suivre la vie de l'Évangile. François lui-même, lui coupa ses beaux cheveux. Ensuite, elle mit de côté ses beaux vêtements et s’habilla d’une simple tunique. Cependant, même pas une femme aussi intrépide que Claire aurait pu devenir une mendiante itinérante dans l’Italie médiévale ! François et les autres frères l'ont escortée au Monastère Bénédictin de San Paolo où elle a demandé et obtenu un sanctuaire.

Comme vous pouvez l’imaginer, il y avait beaucoup d’agitation ! Les parents de Claire ont essayé sans aucun succès de la convaincre à revenir à la maison. Claire vécut dans ce monastère bénédictin de religieuses pour une brève période, mais quand les hommes de sa famille ont eu recours à violence physique, elle est allée pour quelque temps dans une maison de pénitentes à Sant'Angelo in Panzo sur le Monte Subasio.

La position prophétique de Claire attire d’autres personnes
Peu de temps après Claire se transféra dans l'église de San Damiano que François avait reconstruit. D’autres femmes se sont unies à elle en ce lieu, même sa mère, Ortolana -- et San Damiano fut connu pour son style de vie radicale et austère. Au début, ces femmes furent appelées les “Pauvres Dames,” mais ensuite elles furent reconnues comme des disciples de saint François.

Le courage, la détermination et la position prophétique de Claire en tant que femme de son époque m'ont toujours attirée. Elle fut capable de refuser les conventions sociales relatives aux femmes de la société médiévale et de suivre son appel. Quelques exemples :

1. Elle a abandonné la maison, la sécurité, la richesse et son héritage pour suivre Jésus et être pauvre comme Lui.
2. Elle fut la première femme à écrire une Règle pour la vie religieuse : La Règle des Clarisses, et elle a lutté contre l'Église et le Pape pour son approbation… que lui fut finalement envoyée sur son lit de mort en 1253 par le Pape Innocent IV.
3. Elle libéra deux fois Assise et San Damiano d'ennemis armés par le pouvoir de sa prière. Quand des hordes mercenaires sarrasines ont attaqué la ville d'Assise, elle les affronta en soulevant le Saint-Sacrement

Claire et la bienheureuse Françoise
Claire était une soeur des pauvres et elle désirait leur donner tout ce qu’elle avait et vivre dans la solidarité avec eux. Ce ne pas surprenant que Françoise Schervier avait une grande dévotion pour Claire et qu’elle l'invoquait souvent dans ses prières. Au-delà de toutes ses autres vertus, ce sont surtout les périodes de contemplation de Claire qui m’ont particulièrement attirée parce qu’elles étaient ce que je désirais du fond de mon coeur. Claire est tombée passionnément amoureuse de Jésus-Christ, et est restée fidèle à Dieu jusqu'à sa mort.

Si tu veux apprendre davantage sur la vie de prière, de contemplation et de direction spirituelle de Claire, lis les quatre Lettres à Agnès de Prague. En elles Claire :

  1. Nous demande de regarder, de considérer, de contempler Jésus-Christ.
  2. Nous indique une voie pour atteindre Jésus à travers l'image d'un miroir.
  3. Nous indique une direction spirituelle pour nous-mêmes et autres.

Elle nous donne aussi beaucoup plus ! Comme Françoise Schervier, Claire a guéri les blessures du Christ dans l’humanité pauvre et souffrante par la prière, la pauvreté, l’amour et la contemplation.

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