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L'OPPORTUNITÉ DU DIALOGUE INTERRELIGIEUX
"le dialogue cherche à déployer le potentiel unifiant et libérateur de toutes les religions . . . " •Au début de ce troisième millénaire de christianisme, si avec notre regard nous réussissions à pénétrer toute la réalité de la terre, qu'est-ce que nous verrions ? •Plus de cinq milliards d'êtres humains: des hommes et des femmes; des riches, mais plus souvent des pauvres; des jaunes et des bruns, des noirs et des blancs; certains en paix d’autres en guerre; des chrétiens (un milliard et 950 millions), des musulmans (un milliard), des hindous (777 millions), des bouddhistes (341 millions), des gens appartenant à de nouveaux mouvements religieux (128 millions), des gens appartenant à de religions indigènes (99 millions), des juifs (14 millions), des gens sans aucune religion (un milliard et 100 millions). Quelle opportunité offre à nos vies ce riche pluralisme ethnique, culturel et religieux qui caractérise le monde d’aujourd’hui ? Quelle est sa signification pour nos vies ?
Dans le contexte des divisions, des exploitations et des conflits que les religions, y compris le christianisme, ont produit au cours de l'histoire, le dialogue cherche à déployer le potentiel unifiant et libérateur de toutes les religions en faisant ainsi ressortir la nécessité de la religion pour le bien-être de l'homme, de la justice et de la paix du monde. Vatican II a exhorté tous les catholiques à un dialogue capable de “reconnaître, de conserver et de faire avancer les biens spirituels et moraux ainsi que les valeurs socioculturelles présentes” dans les disciples d'autres religions afin de “promouvoir ensemble, et pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté”. Vers la fin du siècle dernier, plus précisément en 1893, malgré l'autoexclusion significative des musulmans, des bouddhistes et des anglicans, naissait à Chicago la première expérience de dialogue interreligieux par initiative de quatre-vingts leaders. Cent ans plus tard, en 1993, confluaient à Chicago plus de huit mille représentants de toutes les religions. Célèbre a été la déclaration finale de la rencontre où l’on affirmait : “Nous sommes tous responsables de la recherche d'un ordre mondial meilleur… Nous sentons le devoir particulier de promouvoir le bien de toute l'humanité et de la planète Terre." D’autres rencontres ont suivi en 1999 en terre sud-africaine (Le Cap) et en 2004 en Espagne (Barcelone). Le vrai dialogue interreligieux ce n'est pas de la politique mais c’est plutôt une recherche de la vérité en tant qu’élément vital d’une expérience vraiment humaine. Dans notre monde multiculturel, nous ne pouvons pas l’éviter ; aujourd'hui, le dialogue est plus nécessaire que jamais : un dialogue respectueux des différences, un dialogue courageux et persévérant, un dialogue qui s'alimente de l'espoir qui habite tous ceux qui croient en Dieu.
Comment vivons-nous le dialogue interreligieux au Sénégal ? Au contraire du christianisme, la religion islamique est perçue comme autochtone, entre autres parce qu’elle fait référence aux confréries conduites par les marabouts : des chefs spirituels, des sages conseillers avec des fonctions religieuses. La diffusion du christianisme a rencontré de considérables résistances parce qu'il était perçu comme la religion des conquérants et de l'élite, voire comme un instrument qui véhiculait les valeurs du “monde occidental moderne” et de la francophonie. À partir de l'indépendance, cependant, l'Église sénégalaise s’est progressivement africanisée. Pour reprendre les mots du Cardinal de Dakar, Théodore Adrien Sarr : “Quand l’on vit dans un monde sécularisé, un monde où l'occident perd de plus en plus le sens de la religion, les communautés religieuses peuvent dire : ‘peut-être que notre mission est celle de promouvoir les valeurs morales et spirituelles et de rappeler aux autres êtres humains que Dieu existe et que l'homme cherche Dieu’. ” Dans notre quotidien, c'est le dialogue de la vie qui crée des rapports profonds avec les fidèles de l'islam ou des religions traditionnelles, une vie consacrée à instruire leurs enfants, à promouvoir la femme et à soigner les malades. Soeur Laura Cantello, SFP Cliquez ici pour revenir au début de la page
“Nous reconnaissons que le chemin de guérison est possible seulement quand les êtres humains se comprennent et s’apprécient profondément les uns les autres." Rose Aleman, La directrice des Services pour les jeunes, Zone États-Unis Les communautés interreligieuses et multiculturelles ne sont pas seulement un fait de vie, mais elles sont aussi un fait marquant de nos temps partout dans le monde. Des gens différents par foi, cultures et race vivent à côte les uns des autres et font face ensemble aux nombreux défis de la vie. Confrontées avec cette réalité en expansion, un grand nombre de communautés chrétiennes ont commencé à réfléchir sur leur identité par rapport aux communautés d’autres fois et à la création dans son ensemble. Quand nous avons décidé de construire une communauté au Coin de Claire, dans la grange centenaire qui devait être rénovée, nous voulions créer un espace où des gens de toute foi auraient pu se sentir à l’aise, bien accueillis et en mesure de nourrir leur spiritualité par l’apprentissage et le partage. Pour atteindre cet objectif, nous avions besoin de la contribution des gens de différentes traditions religieuses. C’est pour ces motifs que nous avons décidé de former un groupe interreligieux de spiritualité. Le premier objectif de ce groupe est la connaissance réciproque de façon à pouvoir faire face aux stéréotypes et à les surmonter. Dans le respect et la pleine affirmation de chaque foi particulière, parmi l’ensemble des questions que nous avons explorées il y avait :
Nous avons reconnu que la religion est à la fois un idéal théologique et une entité sociologique. Elle est vulnérable aux réalités et aux forces qui l’entourent. L’exclusion de certaines personnes, l’utilisation d’une langue et des pratiques discriminatoires, le fait de faire prévaloir les intérêts des groupes dominants aux dépens des autres groupes, le fait de montrer de l’indifférence, la ‘justification’ des pratiques et des traditions injustes, l’abus de pouvoir et la transformation des dissidents en victimes sont en effet des réalités qui rendent nécessaire l’intervention des gens de l'église, du temple ou de la mosquée -- comme a fait l'apôtre Paul (cf. 1 Co 11 et 12). “Nous parrainons des ateliers théâtraux mensuels pour adultes. Chaque mois, on se concentrera sur une méthode différente de jouer et sur les sensations d'unité et de joie qu’elle inspire.” À la suite de nos discussions, nous avons décidé de créer des programmes permanents permettant aux gens de se développer et de se mettre en relation avec l’esprit de l’ensemble de la communauté. Nous avons remarqué que parmi nos ‘similitudes’ il y a le fait que tous les enfants jouent, quelle que soit leur religion ou leur culture. Toutefois, presque partout, lorsqu’une personne grandit et devient adulte, elle cesse de jouer. Ainsi, cette joie facilement accessible de l’enfance diminue. Pour faciliter la redécouverte de cette joie tout à fait accessible nous parrainons des ateliers théâtraux mensuels pour adultes. Chaque mois, on se concentrera sur une méthode différente de jouer et sur les sensations d'unité et de joie qu’elle inspire. Nous organisons aussi des journées de retraites interreligieuses. Il y aura aussi des conférences, des tables rondes et des ateliers dirigés par les spécialistes des communautés chrétiennes, juives, bouddhistes et musulmanes. Pendant les tables rondes, les discussions de groupe et les ateliers, il y aura sûrement de la réflexion et du partage. Nous reconnaissons que le chemin de guérison est possible seulement quand les êtres humains se comprennent et s’apprécient profondément les uns les autres. Ces jours de retraite encourageront la reconnaissance de la divinité et de la sacralité des Soeurs et des Frères. Le chemin vers ce genre de discernement est aussi pavé par les narrations historiques et les mémoires collectives qui prennent en considération la perspective des autres. Pendant que notre nouvelle communauté se construit autour des dons de ses membres, nous espérons que l’unité et l’inclusion seront affirmées. Nous ne sommes qu’au début de cette grande aventure ! Cliquez ici pour revenir au début de la page Tous les chemins conduisent au sommet de la même montagne : DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET INTERRELIGIEUX : L'Associée Arminda Maria Miranda Almeida et son fils, Roberto Almeida.
L'appel pour le pluralisme ecclésial et religieux est plus intense dans l’Église d’aujourd’hui et il exige un esprit de dialogue avec les autres traditions religieuses. Les routes parcourues par ce dialogue sont une manifestation de cet esprit. Le dialogue interreligieux trouve son fondement biblique dans la mission du Christ – une mission qu’il a confiée à son Église. Bien que les religions n'aiment pas l’autonomie rédemptrice, “elles ont une fonction providentielle dans l'économie de la grâce, car elles contribuent à la recherche de la vérité en faisant appel à la bonne intention, en cultivant les vertus, en témoignant de la destination éternelle de l'être humain et en favorisant la connaissance de Dieu...” dit le document préparé par la Commission pour l’oecuménisme et le dialogue interreligieux nommée par la Conférence nationale des Évêques du Brésil (CNEB). Il n'est pas facile d'exprimer une pensée religieuse sans imposer une sensation personnelle. Nous avons tendance à chercher notre paix intérieure ; certaines personnes cherchent à atteindre cette paix à travers les biens matériels ou la carrière. En tenant compte du type de société où l’on vit, parler du Christ dans une telle conjoncture peut faire en sorte que nous soyons jugés par des personnes qui n'ont jamais éprouvé aucune paix intérieure. C'est dans ce contexte que nous avons commencé à faire une étude simple et réfléchie sur la grande influence du pouvoir de Dieu sur nos vies. L'Église millénaire que nous connaissons a été créée par volonté du Fils de l’Homme, qui a été profondément béni par le Saint-Esprit. Au cours de l’histoire, il y a eu dans l'Église beaucoup de révolutions, de renonciations, d’excès, mais surtout de renaissances. En surmontant les incidents de parcours du passé, l’Église catholique a appris à encore fois à se concentrer, et d’une façon surprenante, sur les valeurs vraiment importantes pour le changement des hommes et l'évangélisation des peuples. Actuellement, la plus importante expression de cette recherche intense de Dieu parmi les laïcs brésiliens est constituée par le Renouvellement charismatique catholique. Il s’agit d’innombrables groupes de prière, de rassemblements et de différents média engagés à répandre la Parole et à encourager le changement intérieur. Pendant que l’on assiste à ce grand mouvement dans le cadre du dialogue oecuménique et interreligieux, on doit pour ainsi dire faire tomber les “masques”. Quelques groupes prêchent encore leur supériorité sur les autres. Actuellement, l'Église catholique cherche à réaliser une plus grande ouverture interreligieuse en démontrant que les “différents chemins conduisent au sommet de la même montagne”. Les louanges, l’adoration et les miracles viennent tous du même Dieu, un Dieu qui souhaite que ses enfants soient des frères et des soeurs dans leur foi. La Direction du Chapitre des Soeurs Franciscaines des Pauvres – “Générer de la compassion et de l’espoir dans la communauté de vie” – est une réponse à cet appel de l'Église à la réalisation d’un dialogue oecuménique et interreligieux. Nous avons essayé de garder cet article aussi impartial que possible, mais ce serait une hérésie de ne pas dire quelque mot sur le chemin de foi de mon fils Roberto en ce qui concerne précisément le dialogue oecuménique et interreligieux ! De Roberto... Je suis un catholique fervent et j’ai constaté comme le pouvoir de Dieu a transformé ma vie, mes actions, mes rapports et mon amour de l'autre. Il y a quelques ans, j'ai rencontré une jolie jeune femme qui a changé ma vie. J'avais toujours demandé à Dieu de m'envoyer une personne particulière pour prendre soin de mon coeur solitaire, mais Dieu a décidé de répondre à mes prières abondamment. Cette femme appartient à une famille conservatrice et elle est de foi évangélique. Au début, j'étais un peu hésitant, car je ne voulais renoncer à ma religion pour un amour qui devait encore être défini. Bien que j'aie commencé à participer aux services de son Église, ma foi catholique n'a jamais diminué et les valeurs que j'ai reçues de ma “propre religion” n’ont d’aucune façon été changées. Je suis fier de dire que le culte et l’adoration ne dépendent ni de la place, ni des gens, ni des pasteurs ou des pères qui président aux services afin que l’on réponde à nos prières. Dieu est présent partout et ses bénédictions sont données à tous ceux qui Le cherchent intensément. Actuellement, je fais partie d’un groupe de prière, je vais à la messe dominicale et j’accompagne ma petite amie à son église. Dans tous ces lieux, ma recherche de paix intérieure a donné des résultats. Dieu est là où nous le cherchons et il accessible à tout le monde. “Le sommet de montagne” est la destination de tous les chemins qui ont été suivis. Participer au Renouvellement charismatique est une expérience oecuménique intense qui apporte un nouveau sens à ma vie. C'est une nouvelle façon de voir les autres et de se mettre en contact avec nos frères et nos soeurs dans une recherche constante de la paix intérieure du Christ, de Celui qui a lutté et qui est mort pour nous. Cliquez ici pour revenir au début de la page Temps passé à Taizè. : Élargissons les frontières de la famille humaine
“Comment transmettre à tout le monde la paix du Christ en restant séparés ?” Professes Temporaires de la Zone Italie
Créer des occasions pour élargir les frontières de la famille humaine . . .c’est ce désir et cette passion qui étaient palpables et visibles lorsque nous sommes entrées, bien que pour une brève période, dans la petite et grande famille Taizè et c’est bien ce que nous, des professes temporaires de la Zone Italie, avons expérimenté, du 23 au 30 août 2009, avec Soeur Licia Mazzia et Soeur Marina Triglia dans une semaine riche de dialogue et de partage. La communauté oecuménique de Taizè naît en France pendant le second conflit mondial grâce à l'inspiration d'un Suisse protestant, le Frère Roger, lequel est poussé par cette intuition : “Si les chrétiens veulent être des ferments de paix dans l'humanité, ils ne peuvent pas reporter une réconciliation entre eux”. Beaucoup d'années plus tard, le Frère Roger écrivait ceci : Aujourd'hui, la communauté est constituée d'une centaine de moines catholiques et d’autres religions évangéliques provenant de presque trente pays, une “parabole de communion”, un signe concret de réconciliation entre des chrétiens divisés et des peuples séparés. “L'expérience vécue à Taizé nous fait crier avec plus de force au monde entier qu'un échange de dons entre les différentes traditions chrétiennes est possible. Chacune d'elles a en effet mis en valeur l'un ou l'autre aspect du Mystère de la foi à l’image de la grande richesse des Églises de différents continents." Il a été merveilleux d'ouvrir les yeux et le coeur et de nous sentir un petit fragment de la bariolée communauté de vie qui est en train de nous parler grâce à notre direction capitulaire : “Générer de la compassion et de l’espoir dans la communauté de la vie”. Se retrouver ensemble avec des milliers de jeunes de plusieurs confessions religieuses provenant de différents continents (des catholiques, des orthodoxes et des évangéliques) – à la présence de Dieu dans l'écoute de la Parole, dans le silence et dans les louanges – a été une opportunité de gratitude, de réflexion et de questionnement.
Le Frère Roger écrivait encore : L'expérience vécue à Taizé nous fait crier avec plus de force au monde entier qu'un échange de dons entre les différentes traditions chrétiennes est possible. Chacune d'elles a en effet mis en valeur l'un ou l'autre aspect du Mystère de la foi à l’image de la grande richesse des Églises de différents continents. Cet échange-ci est déjà une réalité : nous l'avons vécu à travers la prière commune et les réunions personnelles où nous avons approfondi l'estime réciproque. Cela n'a fait qu'accroître le désir de nous engager pour construire l'unité en consolidant la conviction que ce que nous unit est plus important de que ce que nous sépare. Et ce désir est celui de laisser transparaître cette réalité à travers notre vie !
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