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“Un peu de ‘contact’ humain”
“Je crois que générer de l’espoir et de la compassion signifie pouvoir croire dans le bien qu’il y a dans l'être humain. ” “Quelle sorte d'oiseau es-tu, si tu ne sais pas voler ? ” gazouilla le petit moineau. “Quelle sorte d'oiseau es-tu, si tu ne sais pas nager ? ” répondit le canard. (S. Prokofiev – Pierre et le loup). Qu’est-ce que sait vraiment faire l'être humain ? Il sait nager et il sait marcher, il sait haïr et il sait aimer, il sait construire, mais il sait aussi détruire soi-même et les autres. Au cours des millénaires, nous avons su expérimenter, perfectionner et rendre concrètes beaucoup d'idées et de théories, nous avons mis en pratique la tolérance, l'accueil, le dialogue, nous nous sommes occupés de l’apprentissage des arts et des sciences, nous nous sommes penchés sur la connaissance du bien et du mal. Nous avons appris et enseigné comme traiter l'ennemi, comme le combattre et comme l'anéantir. Nous avons écrit des livres sur la façon de nous enrichir et d’utiliser le pouvoir ainsi que sur la façon de vivre sans pouvoir.
Le Chapitre Général nous a appelés tous à “générer de la compassion et de l’espoir dans la communauté de la vie”. Et si nous avions vraiment la capacité d'être des gens qui savent être compatissants et miséricordieux (dirait saint François) tout simplement parce que nous sommes des êtres humains, parce que nous appartenons à l'espèce humaine ? Il est facile d'imaginer des objections à ces assertions. Essayons de penser au mal que nous nous faisons les uns les autres, aux millions de pauvres ou d'appauvris qui chaque jour meurent de faim, de soif et de privations. Regarde combien d’enfants ou d’innocents souffrent terriblement à cause d'autres êtres humains. Je n'ai pas beaucoup de réponses pour ces constatations, seulement quelque espoir. Je crois que générer de l’espoir et de la compassion signifie pouvoir croire dans le bien qu’il y a dans l'être humain: -Nous pouvons expérimenter la compassion en nous mettant du côté des Pauvres et en vivant avec eux, Et qui sait combien d'autres manières chacun de nous sait mettre en oeuvre pour générer de la compassion. Je ne cherche ni d'éloges ni de pitié – chante Bruce Springsteen – Je ne me promène pas en cherchant un appui Je pense qu’il s’agit d’une belle définition de la compassion – human touch – un ‘contact’ humain qui nous aide à construire et à mettre en oeuvre des gestes de justice et d'espoir dans la communauté de vie. sr. Anna Ingoglia, sfp Cliquez ici pour revenir au début de la page
“S'il y a une vie qui doit ‘respirer’ de l’Espoir c’est bien la vie franciscaine." Soeur Tina Ventimiglia, sfp
Je suis à “la Coquille” et j’ai l’impression de servir les pauvres dans une période sans espoir. En effet, on fait face à des situations de plus en plus problématiques, souvent sans issue. Même ici, dans cette maison de Pistoia qui accueille des femmes qui ont été victimes de la traite, la direction du Chapitre me pousse à trouver des réponses concrètes : quel Espoir je suis appelée à générer auprès des femmes avec qui je partage mon quotidien ? C'est sûrement un espoir “de rupture” avec les nombreux rêves cultivés dans leurs jeunes coeurs, des coeurs trahis par celui qui les a amenées en Italie par les sentiers de nouveaux esclavages. Nombreuses sont celles qui en décidant de quitter l’endroit où elles sont nées et où elles ont déjà connu bien plus que la pauvreté – c’est-à-dire la corruption et la non reconnaissance de leur dignité en tant que personnes et en tant que femmes – ont osé espérer d’avoir une vie meilleure, une vie marquée par le bien-être et le succès financier. Elles ont espéré de pouvoir aider leurs familles et de revenir dans leur pays d’origine pour montrer aux autres leur réussite. Non seulement je ne peux pas cultiver leurs espoirs, mais je suis poussée à aller au-delà de tout ça et à faire cette réflexion : le service pour le prochain ce n'est pas une oeuvre achevée. On doit toujours consolider nos acquis afin d’éviter que de telles fautes puissent se perpétuer parmi les êtres humains. On dit que celui qui exerce son autorité sans compassion produit de l’oppression. Alors, on comprend vraiment que le “projet chrétien” du monde est la compassion. La conscience de participer à la douleur d'autrui et l'identification à la souffrance de l’autre élargit les horizons de l'action et en propage les racines dans le terrain de la responsabilité. En accueillant la charge de chacune, je fais ensuite un autre pas, un pas que l’on peut faire seulement ensemble : mûrir une réflexion sur sa propre histoire, grandir dans la conscience que la douleur de sa propre existence peut servir à d’autres femmes. À travers un difficile chemin, nous reconnaissons que nous avons une parole à dire, une parole qui peut être étendue par ceux qui détiennent le pouvoir à différents niveaux. Et c’est dans ce contexte qu’au mois d’avril est venue de New York nous visiter Soeur Mary Jo Toll, des Soeurs de Notre-Dame, qui vit parfois dans la communauté de Soeur Bernadette Sullivan. Elle recueille les voix de plusieurs continents en soulignant les points sur lesquels il faut insister afin chacune de ces voix puisse exprimer ses demandes, ses suggestions, ses peurs et ses drames ; elle s'engage à faire connaître ces petites voix aux puissants qui se réunissent aux Nations Unies, endroit où elle travaille avec une ONG qui s’occupe de la réalité de la femme.
Ainsi s’achève une autre dure journée. Durant l'entretien avec R., j’ai croisé son regard triste, un signe éloquent de ce qu'elle garde dans son intérieur : de la douleur, de la déception et de la méfiance… Elle ne connaît pas l'italien. J’essaye de surmonter cet obstacle avec mon anglais afin de rendre possible la communication. Nous avons parlé beaucoup, et après une longue journée sur le visage de R. a fait surface un sourire ! Un brin d’espoir ? J'ai la confirmation que l’on ne peut pas “générer” sans avoir été touchés par la douleur, mais s'il y a un saint qui a fait de l'Espoir sa nourriture spirituelle c’est bien saint François ; donc, s'il y a une vie qui doit “respirer” de l’Espoir c’est bien la vie franciscaine. Cliquez ici pour revenir au début de la page
Conversion dans le ministère : Ce sont les pauvres qui nous changent Soeur Maria Goretti Pereira, SFP
Plus ou moins à cette époque, j'ai été invitée par le Frère Wanderley Carvalho, OFM, et j'ai été autorisée par Soeur Maria Helena à participer à la formation spirituelle de l'Ordre Franciscain Séculier. J’ai aussi préparé deux retraites annuelles pour leurs membres. Il s’est agi d’une expérience très gratifiante. Pendant que nous essayons de nous intégrer aux autres communautés et de grandir ensemble dans nos objectifs communs, ce genre d’expériences m'aide à approfondir ma connaissance de la spiritualité franciscaine. Je suis aussi engagée dans un projet de la jeunesse diocésaine qui nous donne beaucoup d’espoir ! Il s’agit du groupe GVAS (Groupe des vocations et des activités de service) basé à Ipameri et guidé par une équipe de six religieux (moi comprise). Nous travaillons avec des groupes de jeunes des écoles de banlieue. Le départ peut paraître parfois un peu lent, mais nous espérons de réaliser un bon travail en essayant d'atteindre les jeunes, lesquels sont malheureusement la cible de nombreuses tentations du monde postmoderne. Au niveau diocésain, je travaille aussi comme trésorière de l'équipe coordonnatrice de la Conférence sous-régionale des religieux du Brésil. À la fin du mois d’août, nous avons eu la rencontre vocationnelle du Diocèse d’Ipameri. Qui sait, peut-être que cette rencontre donnera quelques vocations aux Soeurs Franciscaines des Pauvres ? Après tout, où il n'y a pas d’espoir, il n'y a pas de changement ! La bienheureuse Françoise Schervier était une vrai héroïne missionnaire qui a répandu de la solidarité, de l’amour et du partage parmi les pauvres et tous ceux qui lui demandaient de l’aide. En tant que Soeurs Franciscaines des Pauvres, nous sentons que nous devons faire davantage pour réaliser l'appel de notre charisme à aider les pauvres. Le thème de notre Chapitre, générer de la compassion et de l’espoir dans la communauté de vie, met l’emphase sur notre objectif d'unir nos forces pour semer dans les terres du Seigneur son mot de vie.
La bienheureuse Françoise Schervier était une vrai héroïne missionnaire qui a répandu de la solidarité, de l’amour et du partage parmi les pauvres et tous ceux qui lui demandaient de l’aide. En réfléchissant sur ce ministère, je me rends compte qu’avant de convertir les autres au Royaume de Dieu, nous devons convertir nous-mêmes. Notre foi déclare que “Jésus Christ est le visage humain de Dieu et le visage divin de l'homme” (Jean Paul II – Ecclesia in America, 67). Pour cette raison “l'option préférentielle pour les pauvres” est implicite dans la foi christologique en Dieu, un Dieu qui est devenu pauvre pour nous enrichir par Sa pauvreté (cf. 2 Co 8-9). (Benoît XVI – Discours d’ouverture pour la Conférence d’Aparecida, 3). Merci pour cette occasion de partage de mes expériences de service, un service que je cherche à accomplir avec un grand amour. Cliquez ici pour revenir au début de la page Guérir les blessures du Christ dans les pauvres “J'ai eu la chance de travailler avec les pauvres. Être parmi ces personnes très particulières est une expérience gratifiante et joyeuse.” Soeur Grace Miriam Pleiman, SFP
L'Évangile de Mathew reporte que Jésus a dit : “Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous”. Cette phrase ne veut pas dire que nous ne devons pas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour alléger leurs plaies. Je me souviens clairement qu’à l'Assemblée de la Zone américaine on avait beaucoup discuté sur ce sujet lorsque nous nous étions engagés encore une fois à aider les pauvres. Or, bien que l’on ait toujours dit que la pauvreté n’est pas simplement matérielle, en ce qui me concerne j'ai toujours choisi de travailler avec la pauvreté matérielle. Aux États-Unis, le seuil de pauvreté est déterminé en multipliant par trois le coût nécessaire à nourrir adéquatement une famille. De cette façon, l’on prend en considération les autres frais auxquels une famille doit faire face. Dans le calcul on tien aussi compte de la dimension de la famille. Actuellement, le seuil de pauvreté pour une famille de deux personnes est de 14 570 $ et celui pour une famille de quatre personnes de 22 050 $. En Afrique et dans d’autres pays du troisième monde, les montants relatifs à ce seuil sont de beaucoup inférieurs. Les gens qui se trouvent dans ces situations pénibles sont chers au coeur de Jésus – et à nous en tant que Franciscains. Mon ministère pour les pauvres commença il y a longtemps à New York.
Mon voyage avec les pauvres En 2007, j'ai déménagé à Cincinnati. Ici, j’ai commencé à m'occuper des femmes sans foyer avec enfants dans une maison d’accueil catholique du mouvement ouvrier. Actuellement, je travaille aussi à l’Our Lady of the Woods dans le secteur White Oak de Cincinnati. Fondée par Soeur Antonita Mettert, SFP, en tant que résidence pour personnes âgées à bas revenus, cette structure unique accueille vingt résidents. Ces derniers peuvent jouir d’une chambre privée et de grandes salles de bains communes. En tant qu’infirmière psychiatrique, je m’occupe des classes d’exercice et de compétence sociale et des cours de santé. Je donne aussi des conseils à ceux qui en ont besoin et j’organise le déplacement de certains résidents lorsqu’ils doivent se rendre chez médecin. En 2008, la Zone américaine a décidé de parrainer cette mission. L'Évangile nous assure : “Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux”. J'ai eu la chance de travailler avec les pauvres. Ce sujet est vaste et nous devons constamment nous en occuper, si nous voulons continuer à guérir les blessures du Christ ! Cliquez ici pour revenir au début de la page
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